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Fabriquer sa planche de surf

fabriquer.jpg Ce tutoriel en ligne a pour objectif de te guider dans la réalisation de ta première planche de surf et ainsi, je l’espère, t’éviter de commettre les erreurs les plus communes. Si tu as des questions ou des problèmes en cours de réalisation n’hésites pas à solliciter les membres du site sur le forum, mais attention car une fois la résine préparée, tout va aller très vite! Prends le temps de bien tout lire...

Introduction

Avant de te lancer, tu dois prendre conscience que les produits que tu vas être ammené à manipuler sont toxiques et qu’il te faudra prendre quelques précautions et porter les protections suivantes:

- un masque respiratoire filtrant
- des gants en Latex pour manipuler les produits chimiques
- des lunettes protectrices
- un casque anti-bruit durant l’utilisation du rabot ou de la ponceuse

Pour qu’elles restent efficaces, tu devras vérifier à chaque utilisation le bon état des protections et nottament changer les cartouches filtrantes du masque régulièrement.

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Pourquoi ?

C’est certainement la première question à se poser avant de se lancer.
Plusieurs aspects sont à considérer:

Le coût:
Il va dépendre de la taille de la planche, et de la qualité des matériaux mis en oeuvre. Communément, l’ensemble des fournitures coûte environ 150/200 €, ce à quoi il faut rajouter l’achat des différents outils indispensables pour la première réalisation. En jouant sur la qualité des matériaux il est possible d’économiser jusqu’à 50-60 €, on est donc bien loin des prix affichés en magasin.

Le shape / La qualité:
Si ta première planche sera certainement moins parfaite que n’importe quelle planche de professionnel et plus particulièrement dans sa finition, il devient possible avec un peu d’expérience d’obtenir des planches parfois atypiques en regard de l’offre disponible en shop. Solidité renforcée ou shape original, le ‘do it yourself’ te laisse un degrès de liberté maximal.

Le “Cmoiquilaifait!”:
C’est une émotion proche de la fierté que l’on ressent en disant à ses potes:” c’est moi qui l’ai fait!”. Ce sera d’ailleurs mérité puisque plusieurs heures de travail et l’inhalation de quelques produits toxiques t’attendent pour y parvenir Outre ce sentiment, il devient possible de faire des planches qui soient mieux adaptées à ton propre surf. C’est d’autant plus important que les machines à shaper de plus en plus répandues chez les shapers peuvent engendrer un surcout pour par la réalisation d’une forme personnalisée.

Parfaire son art:
Faire une planche c’est un peu comme réaliser une oeuvre d’art, on y cherche la perfection sans jamais réellement l’atteindre. C’est en quelque sorte une quête de ce qui sera ‘la planche magique’. C’est également un excellent moyen de comprendre les principes physiques qui régissent le fonctionnement d’une planche et par la même peut être améliorer son niveau de pratique.

C’est donc à toi de peser le pour et le contre et saches que si tu ne t’en sens pas le courage, la meilleure solution est encore de faire appel à un shaper local qui saura t’écouter et te conseiller pour que ta nouvelle planche soit la mieux adaptée à ton niveau et à ton style. ( Voir la liste des shapers français)

Enfin, comme l’a dit Rusty Preisendorfer: “le shape amateur, c’est le plus fabuleux laboratoire d’expérimentation et de découverte de nouveaux concepts et de nouveaux shapes”

Les grandes étapes de la fabrication

La première fois est souvent la plus difficile...
C’est en tout cas vrai pour un shaper amateur puisqu’il va falloir réunir tout le matériel nécessaire, aménager l’espace de travail, convaincre les voisins et ta copine de supporter les odeurs de résine, etc...

Le shape sera le moment où l’on va découper le pain de mousse et donner sa forme à la planche. Il te faudra faire preuve de précision et savoir comment les formes influent sur le comportement de la planche pour composer.

La stratification va permettre de protéger le pain de mousse et donner sa solidité à la planche en lui appliquant une ou plusieurs couches de fibre imprégnées de résine selon le compromis légereté/résistance souhaité.

Les fintions vont consister à poncer pour obtenir l’apect mat ou brillant, décorer et poser les plugs du leash et les dérives.

La qualité de la planche va dépendre en grande partie des matériaux et outils utilisés ainsi que des conditions dans lesquelles tu vas travailler...
Par exemple la température du local est un facteur très important au moment de la stratification, comme le sont les éclairages pour le shape, ou bien d’autres facteurs encore. Faisons donc un petit récapitulatif de ce qu’il te faudra préparer pour pouvoir être dans les conditions les plus propices.

Préparer l'espace de travail

cuisine.jpgTrouver le local n’est déjà pas chose facile car même si l’activité n’est pas très bruyante, les odeurs de résine ne sont pas toujours au gout du voisinage. Il faudra donc t’installer dans un endroit à l’écart des habitations ou alors bien isolé le local en condamnant toutes ses aérations, mais cette dernière solution est à éviter car tu garderas pour toi toutes les émanations toxiques... L’idéal serait de pouvoir consacrer une salle à chacune des opérations de shape, stratification, ponçage et déco, mais comme bien souvent l’espace disponible pour y installer l’atelier est restreint, nous répartirons les opérations en deux salles distinctes:


Le ShapeRoom:
C’est la salle où nous effectuerons le shape, le ponçage et la déco, autrement dit toutes les opérations qui engendreront des poussières.

Commençons pas la décoration! Les murs doivent y être de couleur sombre, la plupart du temps bleu sombre, idéalement noir mais c’est un peu morbide... La couleur sombre permet d’accentuer le contraste avec le blanc du pain de mousse et ainsi de mieux voire les formes de celui-ci. On tracera également sur les murs un trait parfaitement horizontal à environ 1m du sol qui nous servira de référence par la suite.

L’éclairage est très important dans cette salle et doit être réalisé par des tubes néons disposés horizontalement à 1m20 du sol de chaque coté de la pièce. On disposera une planche fixée horizontalement dessus pour éviter d’être ébloui. Cet éclairage est destiné à mettre en relief les défauts de forme du pain de mousse par un jeu d’ombre. Beaucoup de shapers portent également une casquette, ce n’est pas qu’ un effet de mode mais un bon moyen de pouvoir travailler sans avoir l’eclairage dans les yeux.

Il est recommandé qu’il n’y ait pas de courants d’air dans cette pièce sans quoi ils risqueraient d’engendrer une tempête de poussière...

Le GlassRoom:
C’est la salle où nous effectueront toutes les opérations mettant en oeuvre la résine donc les particules en suspension dans l’air y sont formellement proscrites. Interdiction d’y fumer! Pour réduire les particules en suspension, il faudra bien évidemment y faire régulièrement le ménage, mais il est également possible d’y passer un coup de jet d’eau sous forme de pluie fine de façon à coller au sol toutes les poussières. Attention tout de même car le taux d’humidité doit être suffisament faible.

La température ambiante y est très importante et doit être régulée, d’où l’utilité d’une climatisation ou au minimum de chauffages pour l’ hiver. En effet la température influe sur la réaction chimique qui a lieu lorsque la résine se durcit et il est recommandé que cette réaction se fasse à température constante entre 18 et 25°C. Certains shapers utilisent un four qui leur permet de garder la planche à température idéale durant toute la réaction.

L’éclairage devra être réalisé là aussi par tubes néons car leur lumière est plus neutre (plus blanche) qu’un éclairage conventionnel et permettent de mieux voire les défauts qui peuvent apparaitre lors de la stratification. On y disposera plusieurs stands de différentes hauteurs et les tubes seront à la verticale de chacun d’entre eux.

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Préparer les stands

Le stand de shape:
Il permet de maintenir la planche en position horizontale pour travailler sur chaque face et la planche en position verticale pour ajuster le rail. Il doit être protégé par de la mousse de faible densité pour ne pas marquer le pain de mousse et présenter une horizontalité parfaite. Il doit être fermement fixé au sol et pourra être conçu de façon à pouvoir régler son horizontalité comme le montre le schéma ci contre au moyen d’une articulation et d’une lumière.

Le stand de glass:
Beaucoup plus basique, il permet de maintenir la planche en position horizontale en étant plus étroit que sa largeur pour ne pas gêner lorsque on viendra coller la fibre sur le rail. On le fabriquera en fixant une planche d’environ 30 cm recouverte de mousse protectrice sur l’extrémité d’une poutre de section 5x10cm par exemple. Il sera également fermement fixé au sol, en le plongeant dans un bidon rempli de béton ou de sable par exemple, de façon à être le plus stable possible.

standtp.jpg Les stands peuvent être de conception très variable. Par exemple certains shapers utilisent des stands qui sont fixés sur une glissière permettant ainsi de régler aisément l’écartement entre. A toi de faire preuve d’ ingéniosité en respectant les contraintes exprimées ci dessus...

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Les outils

Pour le shape:

Une rape à surform:
C’est un outil à l’origine destiné au travail des plaques de plâtre. Tous les shapers l’utilisent pour travailler la mousse et il existe plusieurs modèles de forme et denture différentes. Le modèle du haut sur la photo est le plus couramment utilisé mais il peut être utile de posséder également un modèle plus étroit pour le travail du nose et des concaves. (environ 20€)
Un rabot électrique:
Son utilisation permet d’ajuster les formes de façon homogène et symétrique. Le rabot dans le cas de shapers professionnels est préparé pour le travail de la mousse qui génère des poussières abrasives et donc nocives pour l’outil. Si tu projetes d’ en acheter un, les rabots avec des profondeurs de coupe jusque 3mm (Hitachi PS20, Makita 1923, Bosch PHO 30-82) sont particulièrement adaptés pour ce travail. (environ 250€)
Une grille à poncer:
C’est une sorte de feuille abrasive percée qui permet de laisser passer les poussières et est utilsée pour le travail des rails. Elles existent en plusieurs tailles de grain, et les plus couramment utilisées sont celles entre 80 et 120. (environ 5€ la grille)
Une scie égoine:
C’est un outil courant que la plupart auront déjà. Elle sert à découper l’outline dans le pain de mousse. Vérifies cependant que sa denture soit en bonne état et qu’elle ne soit pas par exemple rouillée. (environ 15€)
Un rabot manuel:
Il permet le travail de la latte centrale en bois et devra être le plus étroit possible de façon à ne pas marquer la mousse (environ 20mm). Il pourra être plus large dans le cas de longboards où la latte centrale sera elle aussi plus large. (environ 15€)
Un compas à mesurer:
C’est un outil très utile pour mesurer l’épaisseur de la planche. Il est facile de le fabriquer en articulant deux branches autour d’un axe. (environ 30€)
Des feuilles abrasives:
Des feuilles abrasives pour le travail des plastiques ou métaux de grain 40, 80, et 120 qui permettront d’obtenir un état de surface lisse pour finaliser le travail. Il est important que ces feuilles soient de bonne qualité pour qu’elles ne perdent pas leurs grains qui pourraient ‘rayer’ la mousse. On utilisera également des blocs de mousse de densités variables pour fabriquer des cales à poncer. (environ 2€ la feuille)
Des instruments de mesure/tracé:
Pour réaliser les mesures et effectuer les tracés on disposera d’un crayon à papier bien aiguisé, une règle de 50cm, une équerre et un mètre (un must si celui ci est gradué en mm et pouces pour la conversion).

Pour le glass:

Un squeegee:
C’est une sorte de spatule en plastique tendre qui va permettre de répandre la résine sur la planche lors de la stratification. Il peut être vendu en plusieurs largeurs, communément entre 15 et 20 cms (environ 15€)
Une ponceuse:
L’allié indispensable du shaper, la ponceuse doit être adaptée et avoir une vitesse de rotation comprise entre 600 et 1000 trs/min sous peine de trop chauffer la fibre lors du ponçage et d’arriver à la bruler (en résulte des tâches jaunes). Les ponceuses (ou meuleuses) courantes ont des vitesses beaucoup plus élevées (en général 6 à 10 000 trs/min), mais il est possible si tu ne souhaites pas investir dans une ponceuse spécifique de fabriquer un régulateur de vitesse électronique qui puisse diminuer sa vitesse. Les ponceuses à bande sont quant à elles à proscrire car laissent des marques au ponçage. (environ 250€)
Un power pad:
C’est un plateau spécifique qui se visse à la ponceuse et qui permet d’y fixer les disques abrasifs, le plus souvent par un système de velcros. Sa forme en trapèze et sa surface concave permettent de limiter les rayures lors du ponçage. Il en existe de plusieurs densités et souvent les shapeurs en possède un suffisament dur pour poncer les surfaces planes, et un plus tendre pour s’adapter aux courbures du rail (environ 40€)
Des disques abrasifs:
Ce sont les disques qui viennent se fixer au Power Pad (diamètre 15cm) et il sera nécessaire d’en posséder dans des tailles de grain croissantes: 80, 120, 220, 320, 400. Il faudra également posséder des feuilles de papier abrasif pour ponçage à l’eau de 400, 600 et 1200 (environ 1.50€ le disque)
Peau de mouton:
Elle n’est pas indispensable mais permettra d’obtenir une meilleure finition et un aspect plus brillant en appliquant une pate à polir et en lustrant la planche telle une voiture de luxe. (environ 10€)
Des ciseaux:
Destinés à découper la fibre il devront être parfaitement aiguisés et suffisament grands pour obtenir une découpe nette. (environ 10€)
Des pinceaux:
Les pinceaux vont devenir des outils plus ou moins jetables, il n’est donc pas nécessaire de les choisir haut de gamme. Attention cependant à ne pas les choisir avec de la peinture sur leur manche car celle-ci pourrait déteindre sur ta planche au contact de l’acétone que tu utiliseras. Il est bon d’en posséder de plusieurs largeurs: 20, 40mm et il est recommandé d’en posséder un le plus large possible (jusque 20 cm) pour obtenir la meilleure finition qui soit. (environ 3€ le pinceau)
Une cloche de perçage:
Elle permettra de percer la planche pour la pose des plugs et devra donc avoir un diamètre supérieur de 4mm au diamètre des plugs que tu utiliseras (30 ou 32 mm). (environ 10€)

Le shape

Nous y voilà! Tout est fin prêt et tu t’imagines déjà le pain de mousse que tu as sous les yeux en une planche déchirant le curl. Avant de commencer il faut que la forme à laquelle tu souhaites aboutir soit bien claire dans ton esprit, pas question de commencer un mini-malibu, et d’aboutir sur un fish au final, à moins de faute grave. Déguises toi avec les lunettes et le masque respiratoire, montes le son, et c’est parti!

Le vocabulaire

Fabriquer son gabarit

Tracer les formes de la planche

Découper l'outline et le rocker

Définir les volumes

Shaper la carène

Façonner le pont et les rails

Voir les vidéos

La stratification

La stratification est certainement l’étape la plus délicate dans la fabrication d’une planche de surf puisqu’une fois la résine mélangée au durcisseur, le temps est compté... Petite montée d’adrenaline en perspective donc, et de la qualité de ton travail ici va dépendre l’aptitude de la planche à plus ou moins bien encaisser le poids des années qui passent.

Nombreux sont les shapers professionnels qui ne se consacrent qu’au shape et qui laissent le soin de stratifier à d’autres, spécialistes. La main d’oeuvre qualifiée dans ce domaine est d’ailleurs peu répandue.

Préparation

La startification

Couche de Gel Coat

Le ponçage

Voir les vidéos

Les dérives

Le pain de mousse du départ ressemble maintenant étrangement à une planche de surf. Pourtant avant que celle-ci ne puisse faire ses premiers rides, il va encore falloir lui rajouter deux trois options en général plutôt utiles...

Si le plug de fixation du leash est rarement fantaisiste (pont, trou traversant dans le boitier de dérive, plugs spéciaux,...), les systèmes de dérives sont très variés.

Celles ci peuvent être fixes ou amovibles. A toi de faire ton choix!

Le plug de leash

Le dérives amovibles

Les dérives fixes

 
fabriquer.txt · Dernière modification: 2010/04/15 13:21 par mcfly
 
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